Éloge de l’autre

‘’L’ÉLOGE DE L’AUTRE’’, suivi de

« LA CHARITÉ »

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Ces 5 petits paragraphes vous proposent une réflexion sur notre être d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

(Sujet imposé, concours de poésie de la ville de Lyon – 2008 –)

Fœtus …
C’est du fonds d’un océan de ténèbres et de silence que nous émergeons. Dans l’inconscience, hors du temps et de l’espace, nous avons été le UN, le Tout, le fœtus en fusion dans le ventre maternel, cet ‘’Autre’’ premier et inconnu.
Big-bang …
Dans la paix, la sérénité, le calme, à peine atteint par le bruit de fonds de l’univers extérieur, s’est produit un premier chaos sismique, un cataclysme infernal. De contractions en poussées terrifiantes, j’ai été projeté dans la lumière, le bruit, le froid et l’air qui a forcé impitoyablement mes poumons. Après mon cri de colère, mes pleurs désespérés ont dit ma perte du paradis perdu. J’étais UN, je suis né AUTRE.
Expansion…
Bercé sur le ventre maternel, cet Autre premier, rassuré par sa voix, réchauffé à son contact, calmé par sa douceur, j’ai établi dans mes sens mes émotions naissantes et dans l’obscurité de mon inconscience, la quête du paradis perdu : Amour total, infini, inconditionnel et éternel. Mais le temps et l’espace me sont devenus mesures, limites et finitude. En échange, le langage et la conscience me seront donnés.
Toi et moi …
Par l’autre je suis né, par les autres je me construits et je deviens. Avec les autres, je poursuis ma quête. Il y a cet autre si semblable et si différent, d’un autre sexe. Et ceux-ci, d’une autre génération, si proches et si étrangers. Et celui-ci, d’une autre couleur, d’une autre race, d’une autre culture. Et ces autres encore, qui m’ont précédés depuis des milliers d’années, disparus, et toujours présents. Il y a aussi toutes choses qui me sont extérieures, qui me sont autres ; cet arbre, cette fleur, ce tableau de maître, cette musique et cette nature si belle et si généreuse.

Jeux du ‘’je’’…
Et de tous ces Autres, accompagnateurs présents en moi, j’ai fait l’autre de moi, altérité fondatrice qui me fait être et accoucher sans cesse de moi-même, toujours reconstruit et renouvelé par ma relation à l’Autre, aux Autres, et à moi-même. C’est ainsi que la douleur de l’Autre est mienne, que sa joie m’est offerte en partage, que la destruction de mon environnement est ma destruction ; que sa beauté m’attire et m’invite à être l’arbre, l’air, le fruit, la fleur…
Et découvrir dans la quête du paradis perdu que cette diversité de tant d’autres est en moi, et qu’ainsi je me rapproche du UN, ‘’Corpus Humanitatis’’ qui m’apprends que sans l’Autre, je ne suis rien.

Situer l’autre… Si tu hais l’autre…Si tuer l’autre… Si tu es l’autre ?
Mais si tu es je suis… si tu es je suis… si tu es je suis… Alors, Nous sommes.

Christian H, le 16 avril 2008,

autrui

 

‘’LA CHARITÉ’’

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1 – Étymologie,
2 – Authenticité du don,
3 – donner quoi ?

Dans les trois vertus théologales (foi, espérance, charité), la charité se distingue par une pratique concrète, et même s’il est évoqué d’un individu qu’il a une ‘’âme charitable’’, c’est bien dans l’acte du don que cette vertu est en œuvre.
– un des sens étymologique premier est : ‘’CHARERE’’, qui signifie : donner. Cependant, de cette origine découlera : charisme, qui suggère une influence sur les autres, et quoique un chef de guerre peut avoir du charisme, mère THERESA aussi.
– Authenticité du don,
Retenant l’acte du don, il convient d’en mesurer la gratuité. L’Évangile nous dit :’’ Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement’’ De ce point de vue, la charité, qui y tend, se distingue de la bienfaisance, celle-ci implique une mesure de ce qui est ou n’est pas ‘’bien fait’’.
Les moines ‘’OBLATS’’ s’étaient donné comme vocation le don absolument gratuit. Ils ont disparus. Il en reste l’adjectif ‘’oblatif’’, qui signifie : sans retour, sans condition et sans récompense. On peut en déduire que l’être humain, dans sa nature imparfaite ne peut accéder au don totalement gratuit. Ne trouvons nous pas toujours dans le don notre auto- récompense ?
A moins de croire à un principe créateur de l’univers, de la nature et de la vie donnés sans condition de retour. Il semble donc qu’une charité véritable, authentique, ne soit possible qu’à ce Principe. Plus encore, dans la chrétienté, n’a-t-il pas envoyé son fils pour nous donner le PAR-DON.

– Donner quoi, à qui, comment et quand ?

De tous les biens, le plus précieux qu’un être humain possède et peut donner, il en est un dont il ne distingue la valeur qu’à l’approche de l’hiver de sa vie : c’est tout simplement le temps ; Donner de son temps c’est donner de sa vie. Donner sa vie pour l’autre n’est -t-il pas le don suprême en ce monde ? Et donner de son temps à l’autre, c’est lui donner à être, invitation divine, invitation à élever l’autre, à l’aider à grandir, dans son être d’abord, vers l’Etre ensuite, au service de l’Etre enfin. Une observation :

– Quand on a le temps, on ne prend pas le temps,
– Quand on a plus le temps, on prend le temps.
Ces concepts et ces propositions peuvent se décliner en trois orientations pour une pratique de la charité :
– donner à l’esprit de l’autre : transmettre la connaissance,
– donner la compassion à l’autre : la fraternité, l’amour,
– donner matériellement à l’autre : s’il a besoin, s’il demande, et qu’il ne peut obtenir par lui-même.
J’ai néanmoins le sentiment de m’enrichir plus de ce que je donne que de ce je prends ou obtiens. Peut-être parce que je deviens riche de ce que je suis et que je suis pauvre de ce que j’ai.
‘’UN HOMME POSSÉDERAIT-IL TOUS LES BIENS DE CE MONDE, SANS LA CHARITÉ IL N’EST RIEN ».

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« Un docteur de la loi se leva et dit à Jésus, pour l’éprouver : Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? Jésus lui dit : Qu’est-il écrit dans la loi ? Qu’y lis-tu ? Il répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, et de toute ta pensée ; et ton prochain comme toi-même. Tu as bien répondu, lui dit Jésus ; fais cela et tu vivras. Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : Et qui est mon prochain ? Jésus reprit la parole et dit : Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba au milieu des brigands, qui le dépouillèrent, le chargèrent de coups, et s’en allèrent, le laissant à demi mort. Un sacrificateur, qui par hasard descendait par le même chemin, ayant vu cet homme, passa outre. Un Lévite, qui arriva aussi dans ce lieu, l’ayant vu, passa outre. Mais un Samaritain, qui voyageait, étant venu là, fut ému de compassion lorsqu’il le vit. Il s’approcha et banda ses plaies en y versant de l’huile et du vin ; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit à une hôtellerie et prit soin de lui. Le lendemain, il tira deux deniers, les donna à l’hôte, et dit : Aie soin de lui, et ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour. Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands ? C’est celui qui a exercé la miséricorde envers lui, répondit le docteur de la loi. Et Jésus lui dit : Va, et toi, fais de même ».

(Saint Luc 10, 25-37)

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(prochain article le 21 mai : introduction à « l’excellence relationnelle ».)

 

5 réflexions au sujet de « Éloge de l’autre »

  1. Envie d’être l’Un et l’Autre. Je suis. Grâce à l’autre. Et je lui donne l’essentiel de son besoin : exister et recevoir. Pour qu’il puisse à son tour donner et se régénérer dans ce constant échange. Et être lui. Pour nous retrouver ensuite dans l’harmonie de l’Etre.

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