article 6/6 de l’E.R. : APPRÉCIER sans FLATTER

titreAPPRÉCIER SANS FLATTER

 

Bonjour à toutes et tous,

1 – l’appréciation outil de coévolution,

2 – l’appréciation, outil de bien-être,

3 – l’appréciation, outil de réalisation.

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1 – l’appréciation, outil de coévolution,

Les articles précédents de « l’Excellence Relationnelle » vous ont proposé de considérer les relations humaines comme des boucles de rétroactions, soit positives, soit négatives : toute cause produit un effet, qui devient une cause, qui produit un nouvel effet, qui …etc. Ainsi se déroule l’impermanence et le fait de la trans-formation, c’est l’immuable (Yi King, ou livre des mutations).

Les 64 hexagrammes du Yi King :

hexagramme1hexagramme2

Changements minimes, ou spectaculaires, mutations discrètes ou évidentes, ce sont de permanentes métamorphoses qui constituent  le déroulement de la vie et de l’histoire. Dans un des articles précédents, il était suggéré qu’une des caractéristiques de notre époque  repose sur un déséquilibre entre le principe unificateur et le principe séparateur, bases de tout ce qui existe. (cf. Albert Jacquard).

Le principe séparateur domine.

L’objet principal de ce site est de proposer des comportements propres à se rapprocher d’un équilibre – ou mieux – d’une complémentarité entre ces deux principes fondamentaux. L’espérance d’un équilibre parfait et immuable serait illusion. Par conséquent, une claire lucidité invite à travailler chaque jour et chaque instant à développer l’union. Union avec soi-même, union avec les autres, union avec l’environnement, et plus que tout, union avec la vie.

L’appréciation est approchée dans cet article comme outil principal de l’union. Il ne se limite pas à cela. Il est aussi un outil performant de motivation individuelle et collective. Il s’y ajoute que l’amélioration du bien-être collectif  permet plus de créativité, plus et mieux de productivité, plus d’efficacité et plus d’énergie. Je reviens ici au schéma de base de « l’excellence relationnelle » : la fenêtre des comportements : nous sommes ouverts ou fermés (plus ou moins, bien sûr). Il est facile de constater qu’un individu fermé est peu créatif, peu motivé et a peu d’énergie. Dans certaines organisations, cela peut aller jusqu’à rétentions ou sabotages inconscients, voire agressivité dangereuse.

A l’inverse, un individu en état de bien-être est imaginatif, motivé et peut mettre en œuvre une énergie positive et efficace. Certaines organisations requièrent un maximum de bien-être pour assumer leur mission : le monde de la santé, les associations caritatives, l’enseignement, etc.

Cependant, toutes les organisations humaines ont une efficacité en directe proportion du niveau de motivation. Et celui-ci résulte du bien-être de chacune et chacun.

Bien sûr, le recours au pouvoir et aux pressions diverses est fréquemment utilisé. Mais ces moyens sont ceux d’un passé révolu. Ça marche de moins en moins. Ils sont ceux de la domination–possession. Désormais, il est temps de pratiquer la coévolution.

2 – l’appréciation, outil de bien-être,

Il est convenu dans la démarche de « l’Excellence Relationnelle  » que la satisfaction mutuelle de besoins est l’objectif de la stratégie relationnelle proposée. Ceci interroge sur la nature des besoins. Ils peuvent être si divers et innombrables qu’il serait impossible de les définir. Pourtant, nous disposons d’une classification acceptable par le système : « tête, cœur, corps »

Au niveau tête (néocortex), j’ai besoin d’avoir des idées, des convictions, des valeurs, des croyances et des connaissances.

Au niveau cœur (cerveau limbique), j’ai besoin d’amour, d’estime, d’amitié, de considération et de partage de moments heureux ou agréables par l’utilisation de mon système de perception.

Au niveau corps (archéocortex), il me faut respirer, boire et me nourrir et me perpétuer par une activité sexuelle satisfaisante.

Considérée depuis les penseurs classiques de ce domaine, c’est la pyramide de MASLOW qui définit le mieux la nature et la classification des besoins humains : d’abord les besoins physiques élémentaires évoqués précédemment, puis les besoins de sécurité, puis les besoins d’appartenance, puis le besoin d’estime (de soi), puis le besoin d’accomplissement…

Pyramide de MASLOW

pyramaslowDans l’article trois de l’excellence relationnelle, il est proposé que l’efficacité optimum est obtenue par la satisfaction mutuelle de besoins. Cette option contient la suggestion de juste équilibre entre donner et recevoir, et donc suggère aussi une nécessaire clarification sur l’acte du Don et le désir d’obtenir et recevoir. Déjà évoquée précédemment l’hypothèse du Don totalement gratuit doit être écartée. Cependant le présent article propose ce qui peut en être le plus proche :

« Apprécier sans flatter », de manière sincère et conforme en structure,  est le plus proche du Don qui peut être considéré comme  véritable et gratuit. Dans le texte sur          « la charité » présenté dans les articles sociétaux, il est montré que les dons sont de trois nature : donner à l’esprit de l’autre, donner au cœur de l’autre, donner au corps de l’autre (tous aspects matériels).

Ici et aujourd’hui, il est question de donner au cœur de l’autre. Par l’appréciation correctement et sincèrement exprimée, il est proposé non pas que je donne de moi à l’autre, mais plutôt que je donne à l’autre la part de lui-même qu’il souhaite à ce moment et qu’ainsi, l’autre se donne à lui-même. Je reviens maintenant sur les notions de désirs-besoins. Après réflexion, je pense qu’il y a désir ou qu’il n’y a pas désir. Y compris désir de vivre.

Les besoins quels qu’ils soient, aussi variés soient-ils, sont des désirs restés trop longtemps  insatisfaits. La différence que j’identifie, c’est que je peux être en état de désir en étant ouvert et que si je suis en état de besoin, je suis plutôt fermé. LACAN aurait exprimé : « le désir naît du manque. »  J’ajoute : le besoin naît d’un manque qui a duré trop longtemps.

Les Désirs sont donc les seuls véritables moteurs qui nous animent. (Voir les 6 étapes du processus)

Comment stimuler les désirs ?

Les désirs basiques, physiques, sont par nature des besoins qui doivent être satisfaits en temps et en heure. Pour le reste, il est possible de les différencier de deux manières : il y a ceux qui s’attachent à  des objets extérieurs : argent, voiture, vêtements, maison, épouse, époux, enfants, placement, bien, actions,… voire à d’autres personnes : amis,camarades,clubs, associations, groupements,etc.

Et il y a ceux, moins conscients, qui s’attachent à soi : devenir plus et mieux ; donner plutôt que recevoir, percevoir plutôt qu’agir, grandir en cœur et conscience ; servir les valeurs les plus élevées.

Pour les premiers, ceux de la quête d’objets extérieurs, l’observation montre qu’ils permettent une satisfaction limitée dans le temps, toujours susceptible d’être perdue par la disparition de son objet. Par conséquent, ils ne peuvent entretenir une motivation – un état de désir – durable.

Pour les secondes dispositions, j’ai découvert qu’elles sont durables, indifférentes aux contingences extérieures, et qu’elles donnent beaucoup, puisqu’elles s’enrichissent de ce qu’elles donnent et savent qu’elles s’appauvrissent de ce qu’elles prennent.

Hors d’un narcissisme excessif, ou d’une mégalomanie pathologique, c’est l’établissement d’un juste amour propre. En humilité préservée, ce qui précède propose ce que je devienne l’objet principal de tous mes désirs. Cela, je ne le peux que si je m’efforce de devenir le meilleur de ce que je peux être.

Dans cet exercice journalier, il me faut exercer prudence et vigilance ; les fondamentaux de la psychanalyse m’indiquent que mes projections (supposer en l’autre  les sentiments et idées que j’ai moi-même) et transferts (supposer en l’autre des images parentales que je porte moi-même) peuvent fausser fréquemment mon appréhension de la réalité. Et qu’en permanence, je désire être objet et sujet de désirs.

Dans ce chemin aux balises incertaines, je dois m’efforcer d’élever l’autre, en lui donnant, sans l’abaisser, et sans m’abaisser, afin de nous élever l’un et l’autre.

C’est la pratique : « apprécier, sans flatter. »

(Sans flatter signifie ici : sans mentir.)

3 – l’appréciation, outil de réalisation.

Pour celles et ceux d’entre vous qui ont poursuivi leurs consultations de ce site, il pourrait y avoir interrogation : ceci relève d’une philosophie stérile, ou d’une morale naïve et rouillée, inadaptée à notre temps. Des études statistiques validées montrent que les plaisirs et la joie d’être soi et de devenir sans cesse le meilleur de soi, constituent un très bon médicament  pour entretenir une bonne santé. Alors quand et quoi apprécier ?

Tout d’abord soi-même,  bien sûr, j’entends l’objection rédhibitoire : celle du narcissisme ! Narcisse se noie ! Je propose de voler, libre de donner l’amour, ou la fraternité, puisque j’en ai assez pour moi, et que plus j’en donne, et plus j’en reçois.

Plus simplement, lorsqu’un autre me permet satisfactions, joies ou plaisirs, je choisis d’en témoigner. Et si c’est lui qui m’en témoigne, je ne dis pas : « c’est rien, c’est normal. », mais je lui dis : « Merci pour ta reconnaissance. » Comme dans l’histoire bien connue : c’est un prêté pour un rendu. Témoigner l’acceptation d’un cadeau, c’est rendre un cadeau ; ainsi se maintient : « sans élever celui qui donne, ni abaisser celui qui reçoit. »

merci

 

La définition de la structure « apprécier sans flatter » a déjà été donnée dans l’article 2 de l’E.R.

C’est une expression en trois parties :

1 –  La description objective du fait, (vous consultez cet article,…)

2 –  Mes vrais sentiments positifs, (…j’en suis heureux,…)

3– Les effets positifs pour moi. (…Cela m’assure que j’existe et je me sens encouragé  pour  poursuivre.)

Comme vous l’aurez peut-être pressenti, cet article ouvre à d’autres horizons, d’autres espérances, et une autre utopie.

Le sixième outil de ‘’l’Excellence Relationnelle’’ clôt le chemin « Du paraître à l’Être* »

Le prochain article, celui du premier anniversaire de « corpus-humanitatis.com », fin d’un monde annoncée, sera une synthèse des précédents et vous invitera à entrer dans

« LE CHAMP »

Il vous donnera : « LA FONCTION D’ÊTRE ».

Merci de votre lecture, et bravo pour vos 5100 visites.

Auteur : Christian HYERLÉ

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*« Du paraître à l’être » éd. Chronique sociale, Christian HYERLÉ, Lyon, 1999». 

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