Processus de négociation 3/6

 

CONTENU 3/6 – Le processus de résolution-négociation.

Avant-propos :

Bonjour à toutes et tous,

Avant de présenter le troisième outil de l’excellence relationnelle, il convient de vous donner une explication qui a été omise dans l’article 1/6.

Il s’agit du « concept de maison ».

Il propose, en représentation, que chacun d’entre nous serait construit comme une maison c’est-à-dire principalement : Les fondations, les murs, la toiture.

Les fondations en seraient les conditionnements (automatismes) acquis dans notre très longue (4 à 6 millions d’années) histoire tribale : dominer-posséder. La courte histoire civilisée (environ 5000 ans) a fait évoluer l’exercice de ces automatismes. Par exemple l’argent,  les savoirs,  les techniques, sont devenus des moyens de dominer-posséder. Cependant les excès de ces pulsions et comportements de domination-possession compromettent le bien-être avec les autres, avec soi-même et avec l’environnement.

Sur ces fondations, des murs sont construits. Ils peuvent se représenter comme les 12 barrages ; bien sûr, comme ils ne sont barrages qu’en zone fermée, il est possible de concevoir fenêtres et portes plus ou moins importantes et ouvertes. Les murs peuvent aussi se concevoir comme l’acquisition d’automatismes culturels, pour certains de réussites,  pour d’autres d’échecs.

Quant à la toiture, c’est l’article « l’éloge de l’autre » qui en présente l’hypothèse.

Il est supposé, un peu arbitrairement, que nous aurions connu le paradis. L’État de fœtus se caractérise par l’apesanteur, la satisfaction des besoins (sauf exceptions qui compromettent le  devenir) et la non-temporalité. Le bébé qui va naître dans la terreur totale des contractions, puis le cri de colère, puis les pleurs de tristesse,  inscrit alors l’appréhension de la perte du paradis. Elle deviendra plus tard l’appréhension de la perte d’amour, de considération, d’estime, importance, de valeur… Et de toutes les pertes, jusqu’à la dernière… Ainsi se justifie la protection des intempéries affectives par la pose de la toiture.

                                Négocier = établir les solutions de satisfaction mutuelle:

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1 – CONTENU 3/6, le processus (P.R.6)

Le processus de négociation et de résolution s’applique à tous conflits latents ou ouverts,  médiations, toutes négociations,  toutes résolutions de problèmes ou d’opposition.

Avec l’écoute authentique (1/6) et l’expression efficace (2/6) le processus en 6 étapes complète un triptyque qui tient solidement sur ces trois bases :

–          ÉCOUTER,  (E.A.)

–          S’EXPRIMER, (E.E.)

–          RÉSOUDRE. (P.R.6)

2  – PRÉSENTATION GLOBALE.

L’efficacité du processus s’établit sur les deux jambes de l’Homme Relationnel : l’écoute authentique et l’expression efficace. C’est en effet par ces moyens que  pourront être identifiés les désirs,  besoins, aspirations – de part et d’autre – afin d’atteindre l’objectif du processus : la satisfaction mutuelle de besoins, ou : relations gagnants-gagnants.

Il base aussi son efficacité sur la prise en compte préalable des aspects subjectifs, avant les aspects objectifs et concrets. La réaction habituelle est de chercher immédiatement des solutions,  et il apparaît le plus souvent que ce sont sur les solutions qu’émergent les désaccords. D’ailleurs les besoins, dans  leur nature, ne peuvent s’opposer à d’autres besoins (à l’exception du besoin de dominer l’autre),  cependant même dans ce cas, c’est la solution adoptée, c’est-à-dire le pouvoir sur l’autre qui peut être discutée sur son efficacité pour la satisfaction des besoins.

Le démarche proposée implique donc une distinction rigoureuse et exprimée entre besoins et solutions.

3 – LES SIX ÉTAPES.

Etape 1 : Identification précise des besoins insatisfaits de part et d’autre.

Il pourrait paraître curieux  -ou inutile- de procéder à cette recherche,  cependant l’expérience montre que le plus souvent, nous ne sommes pas « au clair », au sujet  de nos besoins. Dans l’état d’insatisfaction,  il arrive que la passion domine et que l’esprit s’obscurcisse. A cela s’ajoute que les besoins sont souvent comme des « poupées gigognes ». L’un masque un autre,  qui masque un autre… Il arrive aussi que des réticences existent relativement à des besoins qui paraîtraient contestables en droit ou moralement. C’est ce qui en est fait – c’est-à-dire la solution choisie –  qui peut être remise en question quand elle compromet la satisfaction de l’autre ou des autres. C’est pourquoi  le processus a pour objet la (les) solution(s) de satisfaction mutuelle. Cependant cette première étape, réalisée grâce à l’écoute (E.A.) et l’expression efficace (E.E.) doit être centrée sur l’identification des besoins, dans l’acceptation de leur existence. Ceci permettra de réduire les tensions, les passions, et ainsi ouvrir les esprits pour la seconde étape.

Étape 2 : expression de toutes solutions valables ou non.

Dans cette seconde étape -comme dans toutes- l’utilisation de l’écoute (E.A.) devra être privilégiée. Il s’agit de créativité, d’invention, et donc d’abandonner les solutions « toutes faites ». Et c’est logique puisque aucun événement, aucune situation,  ne se reproduisent de manière strictement identique

(cf. théorème d’incomplétude de Gödel, et inégalités de Bell).

Dans l’idéal, il faudrait convenir que chaque problème, chaque situation à résoudre, nécessite une solution originelle, à découvrir. Cependant cette disposition invite surtout à abandonner les solutions 1 et 2 des relations gagnants-perdants, et perdants-gagnants.

1 : je gagne, tu perds,

2 : tu gagnes, je perds.

Bien entendu, il est toujours possible, Dans l’application du processus de revenir à une étape précédente. Un besoin non identifié en 1 peut être pris en compte en 2.

Étape 3 : évaluation des solutions proposées.

Parmi d’autres possibles, les critères de faisabilité et d’efficacité peuvent être retenus. L’efficacité se détermine évidemment par rapport aux besoins qui ont été exprimés en 1.

S’agissant d’évaluation, il y a risque de percevoir  ces critères comme des critiques ou dévalorisations. Pour limiter ce risque, deux dispositions peuvent être engagées : objectiver par une notation, et faire évaluer par l’autre (le non-formé, ou subordonné hiérarchique).

Étape 4 : Choix, c’est-à-dire décisions.

Même si une influence positive peut être mise en œuvre, nous ne sommes jamais convaincus que par nous-mêmes. De plus, nous mettrons d’autant mieux et vite en œuvre une décision que nous avons pris nous-mêmes. C’est pourquoi les choix et décisions seront de préférence soumis au ‘’non-formé’’, ou subordonné hiérarchique.

Étape 5 : planning d’exécution.

Pour des problèmes importants à résoudre, ou pour la réalisation de vos projets, il est souhaitable de planifier, de définir des étapes de contrôle, afin d’assurer les réajustements nécessaires. Là aussi, les opinions et idées d’interlocuteurs seront privilégiées. Ils sont  d’ailleurs souvent ceux qui peuvent envisager sur la base de leurs compétences, l’ensemble de l’exécution.

Étape 6 : contrôle.

Bien évidemment la réalisation de cette étape ne peut s’effectuer qu’à l’issue de l’exécution. Pour qu’elle permette et maintienne la confiance mutuelle, elle doit être précise. C’est sur la base des besoins-problèmes-projets,  exprimés en étape 1, et leur satisfaction-résolution, que pourra s’établir la fiabilité globale du processus.

Déroulement des étapes :

(BIA = besoins insatisfaits de A, BIB= besoins insatisfaits de B,

R= résistances montantes de A et B)

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4 – LE PROCESSUS COMME MODE DE MANAGEMENT PARTICIPATIF.

Les systèmes de pouvoir, les organisations, les hiérarchies, les modes de fabrication, la communication globale, sont en pleine mutation. Il est de plus en plus difficile de faire fonctionner des individus en les obligeant dans l’insatisfaction et le mal-être. Comme développé précédemment, il est urgent de compenser les excès de domination-possession, par l’établissement d’une authentique coévolution. Au point de vue Management, et depuis une trentaine d’années, il est question de management participatif. Mais ceci n’est qu’une belle option théorique si elle  n’est pas établie sur une procédure précise et rigoureuse. Une culture d’entreprise pourrait se baser sur le processus, et plus largement sur  ‘’l’excellence relationnelle’’, pour l’établissement d’un véritable management participatif. Celui-ci prend en compte et stimule la motivation de tous et chacun, en plus d’assurer un progrès permanent dans la pratique de la coévolution.

Le pouvoir, solution 1, 2, 3 :

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5 – LE PROCESSUS COMME MÉTHODE PÉDAGOGIQUE.

Les cours magistraux seront probablement toujours nécessaires. Cependant, pour nombre de savoirs et savoir-faire, le processus est un outil remarquablement performant. Il permet également une importante évolution du savoir-être, et peut être proposé – dans la forme qui convient  – dès le début de la scolarité. Il est évidemment pertinent pour concevoir et mettre en œuvre tous séminaires et modules de formation pour adultes.

6 – LE PROCESSUS EN GESTION SOCIÉTALE.

Ce n’est évidemment pas son objet principal. Cependant bon nombre de problèmes de société pourraient être plus vite et mieux résolus par sa mise en œuvre. Il est rappelé ici que le site ‘’corpus-humanitatis’’suggère une trans-formation par la diffusion de ‘’l’excellence relationnelle’’. La mutation que la situation actuelle requiert doit être choisie et décidée.

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7 – LE PROCESSUS EN GESTION ENVIRONNEMENTALE.

Les ressources limitées de notre planète impliquent une vraie remise en cause des interactions. Rappelons celle-ci :

– interactions avec les autres,

– interactions avec soi-même,

– interactions avec l’environnement et la vie.

C’est l’évolution de ces dernières qui est sans doute la plus importante. Ceci est souvent proposé dans les termes « développement durable ». Le processus et les propositions de ‘’l’excellence relationnelle’’ engagent plutôt la coévolution globale. Cependant les thèses sont proches et peuvent être concrétisées ensemble.

8 – LA PRÉSENTATION – PROPOSITION DU PROCESSUS.

Le plus souvent, il n’est pas nécessaire de présenter ou proposer  le processus. De petits problèmes ou difficultés peuvent être résolus sans cela. Il est possible aussi de le simplifier :

1 -identification, 2 -solutions,  3 – décisions.

Néanmoins pour d’importants problèmes ou projets, il est souhaitable de le proposer, de manière à obtenir un accord sur le respect des étapes. Dans ce cas il conviendra de le faire ‘’à la hauteur des oreilles qui écoutent’’, dans le langage adapté, et en prenant en compte âges, cultures, catégories socioprofessionnelles, etc.…

9 – LE  PROCESSUS, CHEMIN DE VIE, DE VÉRITÉS INDIVIDUELLES ET D’AUTHENTICITÉ RÉCIPROQUE.

Après l’écoute et l’expression cet article propose une démarche simple pour résoudre -ou au moins tenter de résoudre- toutes oppositions, quelle qu’elles soient. Il s’agit donc de réunir ce qui est – ou paraît – séparé. Il s’agit aussi de franchir les portes de la dualité, pour atteindre l’unité. Exprimé différemment, c’est une recherche d’harmonisation de l’interaction principe séparateur-principe unificateur, base de tout ce qui existe (cf. Albert Jacquard : à l’échelle de l’univers entier, rien n’existe hors la rencontre.)

 

10 – CONCLUSION.

L’excellence relationnelle, dans sa mise en œuvre globale est aussi une méthode de développement personnel, un chemin de réalisation de soi, et d’accomplissement.

Je forme le vœu, profond et sincère, que la lecture de cet article et des précédents vous soit agréable et profitable, et que ce modeste travail aide au développement de la fraternité universelle.

 Entretien individuel d’aide et accompagnement en coaching systémique

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PROCHAIN ARTICLE : CAPTIVER UN AUDITOIRE/UN PUBLIC.

ânes sages

 

En guise de distraction, le dialogue un peu délirant qui suit vous est proposé.

Il est extrait du livre « du paraître à l’Être », Christian HYERLÉ.

Après Pirandello, mais avec la même veine paradoxale, espérons-le, nous retrouvons-nos deux participants, 0 et S, dans leur activité en formation.

Ils sont un peu embarrassés. Il leur a été proposé de construire et de présenter ensuite un dialogue complet de négociation …

 

S = subjectif

O = objectif

ben dis-donc, on n’est pas arrivé !

 

 

une négociation, ce peut-être un recrutement, il me semble intéressant de s’y entraîner.

 

ça me paraît pas marrant, j’ai déjà donné.

 

 

 

tu préfères une négociation commerciale •

pas forcément, mais ça me paraît difficile de faire ça en une heure.

 

 

 

il s’agit d’un exercice, je me sens pas obligé de réussir parfaitement.

tu te sens tranquille toi •

 

 

pour l’instant, je serai sans doute moins à l’aise pour présenter et jouer devant le groupe ce dialogue.

 

jouer, jouer … Ça, c’est une corvée, oui.

 

 

toi, tu ne le sens pas •

c’est plutôt que je trouve que ce n’est pas drôle, un travail quoi.

 

 

 

oui, t’as plutôt envie de te distraire  •

oui, m’amuser, oublier.

 

 

une négociation, ce n’est pas forcément commercial, j’aimerais aussi faire quelque chose de marrant, ou d’original.

 

oui, mais il a dit : négociation, le Monsieur.

 

 

c’est un mot qui me semble pouvoir s’appliquer à bien des choses.

ça c’est vrai, ça correspond à toutes les situations d’opposition d’enjeux.

 

 

à partir de ce qui a été vu, je propose de classer : les enjeux tête, les enjeux cœur, les enjeux matériels-corps.

 

pourquoi faire ?

 

 

c’est peut-être un moyen pour s’amuser et trouver une idée marrante.

t’y crois, toi •

 

 

…tiens, justement, en voilà une, les croyances !

holà ! La barre est haute, là. Les croyances, les valeurs, c’est presque politique çà, il a dit que c’est le plus dur à régler.

 

 

 

oui probablement et puis c’est peut-être trop sérieux, ce n’est pas le but.

quoique, il me semble… J’ai une idée…le faire marrant, en substituant à autre chose…

 

 

tu penses à une fable, en quelque sorte •

Quelque chose comme ça.

 

 

Bon, allons-y, avec un peu de créativité…

 

 

…………………………

Alors c’est décidé !  La Sardine en Boite contre la Sardine Fraîche, sur les valeurs ? On y va !

(On ne le dit pas, mais ça pourrait être opposition droite-gauche…)

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SARDINE FRAÎCHE

SARDINE en BOÎTE

 

Dieu ! Ma chère ! Si votre parfum augure de votre goût, c’est sûr, pour les gastronomes, quel dégoût !!!

 

Fi ! Mon amie, vous voilà bien délicate •

 

 

ah, oui ! J’en crois mon Douarnenez, et mon Concarneau. Ma coque étanche, elle, séduit jusqu’à Cyrano.

 

peut-être, douce amie, pourtant, devant les agapes, le désir olfactif s’empare doucement des convives, autour de la grillade.

 

 

 

c’est tellement populaire ; moi on me mange à la tomate, aux olives et aux patates. Je peux toujours ainsi faire la belle.

 

vous êtes fière de conserver les traditions d’un passé révolu  •

 

 

tradition et sagesse sont proches cousines, si j’en crois mes goûteurs. Nombreux sont ceux qui, depuis mon millésime, me renvoient des fleurs

Humm…entre le filet et leur bouche, il ne me paraît aucun doute, le décès fait date.

 

 

Parlons-en, moi, je suis toujours là pour le dépannage, je peux être française, portugaise, et j’accompagne bien des voyages.

 

vous tenez à être présente partout •

 

 

des plus belles tables d’hôtes, aux plus modestes chantiers, je suis sans conteste la reine des métiers !

 

Holà ! Holà ! Cousine ! Devant cette envolée, je me sens toute remuée ; les écailles m’en tombent et je risque d’être absente du marché !

 

 

 

et bien, petite,… ainsi, la ménagère, mon amie, de votre cuisson fera l’économie…

 

Il vous importe peu que ma tête soit coupée, mon arête préservée et à d’autres faims (miaou…) réservées •

 

 

 

que me chantez- vous là ? Soucieuse d’une bonne gestion je me livre tout entière à une délicieuse consommation.

 

c’est d’une consommation populaire dont j’entends parler ; en ce qui me concerne, les délices   de mon corps sont réservés aux gens de qualité

 

 

voilà bien la marque d’un esprit étroit ! Dans ma variété, ma noble origine, et la constance de mon habillage, sur tous les fronts, ma qualité fait loi !

 

vous vous entez seule capable de satisfaire les plaisirs gustatifs de nos prédateurs •  

 

 

pas à ce point mon amie, mais devant votre verve, je suis prise de rancœur, et je crains d’en faire tourner le beurre ; Dieu m’en préserve !

 

ces préoccupations me sont inconnues, chacun voit ma taille, ma splendeur, ma fraîcheur, mon prix, et ne peut être déçu.

 

 

 

pouah ! Quelle hypocrisie ! De votre ventre, ne faites-vous point  hérésie ! De si jolies et douces mains que vous condamnez au dédain !

 

douce amie, vous êtes attachée à vos valeurs, vous trouvez pratique, variée et facile votre consommation, votre millésime vous honore, vous êtes de tous temps et de tous milieux •

 

 

Voilà ! Votre œil retrouve sa brillance, et vous permet juste reconnaissance •

moi, de ma fraîcheur, je suis fière, à la portée de toutes les bourses, je participe à la fête, et j’ai le plaisir d’y être présente dans mon état d’origine

 

 

et bien, ma chère,  les uns comme les autres, nous réjouissons. Votre fraîcheur saisonnière apporte originalité et variété, mon habillage assure constance et fidélité. Entre nous, point de concurrence, aux salades de l’été, harmonieusement, je serai  ajoutée…

…De vous manger  l’hiver, l’on pensera à moi l’été. Et des grillades, je conserve l’exclusivité !

 

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Une réflexion au sujet de « Processus de négociation 3/6 »

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