« prise de parole en public » 4/6 de E.R.

Bonjour à toutes et à tous,

Vous êtes plus de 4000 à être passés sur ce site.

Merci pour votre généreuse attention.

J’ose espérer que vous y aurez trouvé distractions et informations utiles.

600716_370097656431713_834767651_n

Introduction :

Aujourd’hui, c’est une dimension importante de ce qui est habituellement dénommé « charisme » qui va être abordée. Comme précédemment, ce sujet comporte une dimension « technique », et des considérations subjectives. Celles-ci peuvent donc présenter des doutes, susciter des objections, et comme pour le reste, stimuler des critiques intellectuelles et morales.

A priori, il est généralement considéré que le charisme est inné ; chacun en dispose dans une certaine mesure. C’est comme ça. Et si une technique permet de le développer, ce ne pourrait être que mensonge, manipulation, théâtre, ou artifice. Ici comme précédemment, nous retrouvons les questions de fonds et de forme. Certes, la forme proposée ensuite est remarquablement efficace, mais elle ne peut être valable et satisfaisante que si le fonds est respecté ; c’est-à-dire les valeurs qui fondent « l’excellence relationnelle ». 

Même si la structure proposée permet de captiver un auditoire à n’importe quel instant, sur n’importe quel sujet, il convient de se préparer chaque fois que c’est possible.

Trois préparations sont suggérées :

–         Sur le contenu,

–         Sur l’intervention,

–         Sur soi-même.

Sur le contenu :

La collecte préalable d’informations doit être réalisée avec un maximum d’attention et d’imagination. En effet, la créativité d’un esprit curieux et perspicace peut permettre de découvrir des informations précieuses qui échapperaient sans cela. Bien entendu, les techniques et médias modernes sont d’une aide incomparable mais ne doivent pas alimenter une crédulité imprudente. Dans la circonstance envisagée, il convient de s’assurer de la validité des informations présentées.

Ne pas négliger de prendre des notes, même si elles paraissent inutiles ou très secondaires. Il arrive que des recoupements ou regroupements fassent apparaître des liens particulièrement signifiants. Il est souhaitable d’avoir l’esprit ouvert, comme « vide », pour se remplir de tout, y compris d’un petit détail qui peut être révélateur. Dans cette étape, vous n’êtes pas conférencier ; vous êtes enquêteur.

A un certain moment, vous « sentirez » (et non pas vous saurez) que les éléments nécessaires à la conclusion de votre enquête sont réunis. Il peut alors être utile de réaliser par écrit une synthèse de l’essentiel de ce qui sera traité, ainsi qu’une liste de mots-clés qui servira au moment de l’intervention.

Sur l’intervention :

Vous êtes prêt. Vous connaissez votre contenu et vous avez défini votre argumentation. Vous avez réfléchi aux différents supports que vous utiliserez (vidéos, schémas, tableau interactif …etc.). Et vous avez vérifié deux fois leur fonctionnement. Bien entendu vous aurez pris soin de vérifier le lieu afin qu’il soit dans les conditions appropriées pour votre intervention.

Veillez à ne pas lire des textes écrits présentés sur écran. Il est préférable d’en faire des schémas et de les commenter ; une lecture – sauf si vous êtes très expérimenté – dévitalise le propos. (Un entraînement pour savoir faire vivre un texte lu peut être utile).

Ce que vous devez réaliser pour réussir à transmettre votre message et vous-même, c’est  intéresser et séduire votre auditoire. Et là, se présente une importante difficulté : vous devez quitter votre sujet et vous-même pour vous concentrer sur lui ; sur eux.

La clé principale de la méthode proposée réside essentiellement sur ce point :

Consciemment ou non, vous désirez que l’on s’intéresse à vous.

Pour cela, vous disposez d’un moyen performant : c’est de vous intéresser vraiment  (et pas vrai-ment !) à l’autre, aux autres.

Pour vous y aider, vous le savez maintenant, l’autre, ou les autres, existe(nt) dans trois mondes : celui de la tête, celui du cœur, et celui du corps. Et il(s) existe(nt) aussi dans l’instant présent. Votre concentration sur votre auditoire et sur le moment de l’intervention vous permettra de préparer la partie « vous » de la technique (explicitée plus loin). Si vous vous sentez incertain, il peut être utile de noter une liste de mots relatifs à l’auditoire, pour cette introduction.

–         Ce qu’ils pensent probablement,

« Mesdames, Messieurs, bonsoir ! Il est 20h30 et c’est après une journée de travail que vous avez choisi de participer à cette conférence. Votre esprit est peut être encore encombré de préoccupations professionnelles  ou personnelles ; cependant vous êtes là…..

–         Ce qu’ils ressentent, probablement,

……c’est peut-être la curiosité qui vous anime, ou le désir d’un moment de distraction, ou un intérêt particulier pour le sujet traité, ou même, pourquoi pas,  une passion que vous travaillez au quotidien…..

–         Ce qu’ils éprouvent physiquement, probablement.

……vous aurez certainement remarqué que la température de cette salle est agréable et que les sièges sont confortables. Il y a donc les conditions souhaitables pour que vous viviez un moment de détente et de distraction, en même temps qu’un temps d’échanges constructifs…… »

Votre intervention, vous le verrez plus loin, comporte en introduction la partie « vous » (il est souhaitable de ne pas commencer directement par ‘’vous’’, cela peut paraître excessivement intrusif. Il suffit d’inverser verbe-complément, ou commencer par un début neutre pour éviter cet inconvénient), la partie « moi », et synthèse du « moi » ensuite. Cependant si vous êtes en responsabilité de conférence, il convient de respecter trois étapes distinctes :

–         L’introduction (voir structure ci-dessous),

–         La partie ‘’échanges-débats’’ (dans cette partie il convient de reprendre en ‘’écoute authentique ‘’toutes objections, contestations ou résistances.)

–          La synthèse de conclusion. (dans ce moment d’échanges, vous ……………….,

Pour ma part je ………………, et message d’appréciation – art 6/6 de E.R.)

exemple de réponse à objection : 

« Je me sens embarrassé par votre suggestion ;  il faudrait se maîtriser tout le temps, c’est pas possible ! »

– Oui, Il vous paraît peu crédible de se dicter ses comportements et d’être soi-même, vrai, naturel et spontané……Mesdames et Messieurs cette réflexion est judicieuse. En effet,  une vie qui serait maîtrisée en permanence serait artificielle et donc ne serait pas une vie puisque ce qui la caractérise, c’est son aspect unique, indéterminable à chaque instant. La proposition concerne les instants qui requièrent une performance relationnelle, et uniquement ceux-là ; pour le reste, jouissons de la vie ! Simplement et naturellement ! Le but est donc d’élargir et multiplier ces moments de bien-être. »

Sur soi-même :

Il est utile juste avant votre intervention de faire quelques longues inspirations-expirations. L’inspiration peut être accompagnée de l’idée « je me remplis d’énergie positive », et l’expiration de l’idée « je me vide de l’énergie négative ».

« L’être est contenu et exprimé dans sa voix »

Ceci signifie que votre état d’être sera transmis dans votre intonation de voix. Bien entendu cette transmission est inconsciente, de part et d’autre. Elle n’en est pas moins réelle, effective, et ne peut être dissimulée. Il est donc impératif de vous mettre dans les meilleures dispositions possibles. Alors se pose la proportion dans laquelle nous sommes capables de gérer nos mal-êtres intellectuels, affectifs et physiques. L’expérience m’a montré que cette gestion est possible pour une part importante des mal-êtres (intellectuels, émotionnels et physiques). Cependant, ceci résulte d’un travail constant sur soi. L’ouvrage est sans cesse à remettre sur le métier. Une base essentielle réside dans votre relation avec vous-même. Celle-ci  ne doit pas être déterminée par vos paroles ni par vos actes –  Vous en êtes responsable bien sûr, (le paraître) -, mais plutôt par les véritables motivations et intentions. Je ne doute pas des vôtres ; alors, aimez-vous profondément, et acceptez-vous totalement. Ce message, inscrit dans votre esprit, rappelé et répété quelque fois avant votre intervention devrait vous aider. Et l’humilité et la modestie n’y sont pas compromises ; « Tout être humain a une égale valeur et importance potentielles par rapport à tout autre humain. »

 7759127212_plaidoirie-daumier

Plaidoirie, Daumier

« Consciemment ou non, vous êtes acteur » et en quasi permanence. Bien entendu cette affirmation qui conteste l’éventualité d’une véritable authenticité, peut vous choquer. Néanmoins, la réalisation de l’Être pur et absolument vrai me paraît illusoire dans l’existence terrestre. Par conséquent, je me propose plutôt : est-ce que je joue correctement et efficacement le rôle qui doit être le mien?

220px-DemosthPracticing

– Démosthène s’exerçant à la parole –
Peinture de Jean-Jules-Antoine Lecomte du Nouÿ, réalisée en 1870

Puisque je suis sur scène, en conférence, en animation, ou en acte de formation, je suis acteur. Mon jeu doit être de grande qualité. Pour cela, il faut que je m’exprime en vérités (qui ne sont que les miennes) et que je serve en vérités (celles désirées et demandées par mon auditoire). Je dois introduire ici une notion complexe qui est celle de rétroaction structurante.

Dès notre naissance, nous apprenons les rapports directs qui se manifestent entre tons de voix, attitudes corporelles, gestes, expressions faciales et nature du regard – d’une part – et contenu verbal, d’autre part. Ceci nous apprend une des lois de causes-effets : la cause agit sur l’effet qui agit sur la cause. Ainsi, le choix des mots agit sur l’émotion qui agit sur le choix des mots. Par conséquent, si nous n’avons pas, ou peu, de pouvoir sur l’émotion, nous avons néanmoins le pouvoir de choisir les mots, qui ont le pouvoir sur l’émotion. Il en résulte qu’il est très difficile de dire avec un ton agressif et colérique : «Oui mon amour,  je t’aime et t’assure de toute ma tendresse ». Autant que de dire, d’une voix paisible et douce : « Tu es horrible, je te déteste ! ». Il en va de même pour les rétroactions sur les attitudes corporelles, les gestes, le regard. L’utilisation stratégique de ces rétroactions constitue un des outils de « l’excellence relationnelle ».

–         Mes paroles seront donc pertinentes par rapport au contenu et accompagnées et soutenues par l’intonation de voix appropriée, les attitudes corporelles, les gestes, les expressions faciales, et la circulation du regard que je déciderai.

Vous êtes conférencier, animateur, formateur, enseignant. Alors, vous avez une compétence seconde ; la première est d’être un bon acteur.

Mais, me direz-vous : je ne suis pas cela ! Et bien, si, vous l’êtes. Vous rencontrerez inévitablement des circonstances dans lesquelles vous serez convoqués à prendre ce rôle. Ce peut être à l’occasion d’une naissance, d’un mariage, d’un deuil, d’une activité associative, caritative, politique…etc.

charles_de_gaulle

Charles De Gaulle, discours d’Alger.

Un rappel, à ce sujet : les moments les plus heureux de l’existence sont ceux dans lesquels nous pouvons être spontanés, parce que libres de toute contrainte, sans menace, en confiance parce que nous nous sentons acceptés, estimés et  non jugés. La méthode proposée a pour but véritable de ne plus être utile et d’obtenir tout cela de façon spontanée et naturelle. Mais pour atteindre le plus possible ce but, elle est très utile, bien qu’elle ne soit pas indispensable.

Si vous êtes formateur ou enseignant, et que vous organisez des travaux de sous-groupes, il est important d’en permettre une restitution. Bien sûr, vous veillerez à reprendre en écoute les objections ou résistances qui peuvent apparaître, mais il est très utile aussi de rechercher et exprimer une synthèse qui unisse les différents points de vue exprimés.

Et n’oubliez pas : souriez, souriez. Et plaisantez ; Mais avec précaution ; il convient de ne blesser personne.

La réussite passe par la rigueur d’application :

–          la partie ‘’vous’’,  ne doit pas comporter de je, j’, moi, mon, mes, m’.

–          La partie ‘’moi’’ ne doit pas comporter de vous, vos, votre, 

–          Il est préférable aussi d’éviter les ‘’on’’ et ‘’nous’’.

–          La synthèse est relative à la partie ‘’moi »’’.

Une conférence, une animation, une formation, une pièce de théâtre, et peut-être même une histoire d’amour, une vie, peuvent se résumer ainsi :

« Bien commencer, bien vivre,  et bien finir »

 « Que vos nuits soient peuplées de songes étranges et merveilleux

et que vos jours les gardent  et les poursuivent. »

Bien à vous, Christian Hyerlé.

 Partenaire de votre bien-être : Entretien individuel d’aide et accompagnement en coaching systémique

06 10 02 72 89

Prochain article : écrire pour être lu et retenu (5/6 De E.R.)

captiver

 

 

2 réflexions au sujet de « « prise de parole en public » 4/6 de E.R. »

  1. Bonjour,

    Christian merci, cela semble toujours si simple.
    Autres autres visiteurs, vous venez de lire cet article et il vous interroge. Pour ma part , ce qui est difficile c’est le « souriez, souriez et plaisantez mais avec précaution…. » . Il me semble que je suis tellement concentré à la fois sur le sujet (ce que je dois, ce que je veux dire) et sur l’auditoire que je n’arrive pas à être détendu et alors mon discours est sans vie.J’aimerais bien avoir votre avis et bien sûr l’éclairage de Christian .

    • Bonjour mon cher Didier,
      C’est sur la confiance en soi que peut s’établir un état détendu.
      Cependant cette confiance ne doit pas se manifester en arrogance, prétention ou supériorité.
      Connais-toi toi-même…
      Bonne journée

Laisser un commentaire