5/6 : écrire pour être lu, compris et retenu

De Céline BERNARD, écrivain public/privé.

Chère Lectrice, cher Lecteur,

celine-bernard-300x393Dans votre lecture des précédents articles, vous avez découvert que vous êtes acteurs, plus ou moins sciemment et plus ou moins volontairement. Vous êtes aussi metteurs en scène de vous-mêmes et surtout, auteurs de votre vie et de votre destin. A ce titre, il vous arrive, souvent, de signer des lettres ou des emails, de temps en temps, de prendre la responsabilité de contenus professionnels, parfois, de composer un rapport ou un compte-rendu, plus rarement, de composer une chanson ou un poème à offrir. Il se peut même que vous désiriez écrire votre histoire, une fiction, ou un roman. Bref, vous n’échappez pas à la nécessité de l’écrit et dans cet exercice, l’excuse de l’orthographe vient souvent cacher un malaise plus grand.

Par où commencer ? L’angoisse de la page blanche étreint le romancier comme le secrétaire. Il faut pourtant, dit-on, « se lancer » ou « trouver l’inspiration », ce qui est fort aléatoire.

Pourtant, la méthode développée ici pose des repères solides et pertinents. Elle permet d’aborder plus sereinement la rédaction d’un écrit quel qu’il soit, grâce aux techniques que vous avez visitées au fil des articles précédents. Au-delà des aspects pratiques, j’y puise pour ma part, les éléments susceptibles d’aider à canaliser la voix intérieure qui nous accompagne sans relâche.

Cette voix donne aux mots leur volume initial, sensé et sensible, mais elle s’affirme aussi dans la critique, selon notre culture, notre instruction, notre éducation et notre sensibilité. C’est elle qui nous prouve que lire est un acte éminemment personnel et actif. L’article qui suit nous montre combien écrire est un don de soi vers l’Autre en qui l’on se reconnaît. Rien à voir donc, avec une expression égoïste et solitaire au fond d’un bureau ignoré et éclairé d’une chandelle vacillante.

L’écriture trace l’univers partagé d’une relation asynchrone et multidimensionnelle.

En remerciant immensément Christian pour son approche éclairée, fraternelle et généreuse, je lui laisse maintenant l’écrit sur les cris d’espérance et de paix, dans son utopie de l’Humain en devenir.

Dans le désir de lire vos commentaires offerts,

Céline Bernard

 

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Bonjour à toutes et tous.

D’abord, merci à Céline pour son très clair et très aimable article.

Vous l’avez lu, il est peu probable que vous n’ayez pas à écrire. Qu’il s’agisse de lettres personnelles ou professionnelles, de notes de service, de compte rendus ou dossiers, quelquefois de procédures officielles et plus incertain mais possible, un essai, un livre, un roman, voire une biographie.

Dans ces situations, vous êtes convoqué à un exercice qui paraît souvent difficile, à tel point pour beaucoup qu’il est reporté à plus tard, avec les inconvénients qui peuvent en résulter.

Pour ma part, pendant longtemps, j’ai été négligent, ou lâche peut-être, et j’ai dû assumer quelquefois de pénibles conséquences.

Lorsque je mets au point en 1985 les trois outils de base de l’excellence relationnelle : écouter, s’exprimer, résoudre, je me limite au développement des capacités relationnelles orales. Et très vite, dans les six mois qui suivent, j’identifie la nécessité des trois outils secondaires : écrire, captiver un auditoire, et apprécier sans flatter.

Pour ce qui est d’écrire, je découvre la principale difficulté. Comme souvent, elle vient de soi-même.

Non pas dans la nature du contenu, ni sa construction, mais dans cette auto centrage qui nous enferme dans notre maison (il est des personnes qui n’ont pas besoin de rentrer chez elle, elles n’en sont jamais sorties).

Écrire est un acte de communication ! Il s’agit de s’adresser à une personne ou à plusieurs, et s’il y a lieu de le faire, c’est pour être lu, compris et retenu. Dans cette circonstance vous avez donc besoin que le lecteur s’intéresse à votre écrit et à vous. Pour cela, nous l’avons vu dans les articles précédents, il convient de s’intéresser à l’autre, d’abord. Il est donc proposé de sortir de sa maison, et s’imaginer dans la maison de l’autre, à l’instant où il vous lit.

– C’est la première partie de l’écrit qui doit exclusivement évoquer l’autre. Bien entendu votre contenu doit être réel, et crédible pour votre lecteur.

– Dans une deuxième partie il s’agit de réintégrer sa propre maison et par conséquent, n’écrire que depuis soi, exclusivement.

– Et pour terminer, une phrase de conclusion, qui peut être une synthèse, ou une phrase «nous » ou une appréciation.

Souvent est apparue la même objection devant cette proposition : « Je ne connais pas mon (mes) lecteur(s), je ne peux donc m’exprimer à leur sujet. « 

Quelques exercices montrent qu’il y a toujours beaucoup à évoquer sur cet autre, supposé inconnu.

Il a un poste, une fonction, un secteur d’activité, une responsabilité, il est dans une entreprise, une association, une famille, un groupe d’appartenance, etc.…

« Corpus-humanitatis.com » a fait l’objet de 4500 consultations et la plupart d’entre vous me sont inconnus.

Comme suggéré dans l’article de Céline, et la petite lettre ci-dessous, il est toujours possible de concerner la lectrice, le lecteur que vous êtes.

Vous l’aurez probablement constaté, la structure proposée est très proche de celle présentée pour « captiver un auditoire« , la petite différence est dans la fin du propos ; pour « captiver », elle doit être une synthèse de la partie « moi », exclusivement ; pour l’écrit, il convient d’adapter, et le « nous » qui avait été considéré comme « confusion » dans l’expression, peut faire exception à la fin de l’écrit.

Comme pour l’expression, l’écrit peut faire l’objet de catégorisations :

1 – j’écris pour informer mon lecteur :

(Donner des nouvelles, raconter un événement, un séjour, un voyage, des vacances…)

2 – Pour demander :

(Un emploi, une réduction, un report, un service, une rencontre, un objet, etc.…)

3 – Pour m’opposer :

(Situations de désaccord, de conflits, de négociations, de médiations, de refus, etc.…)

4 – Pour apprécier :

Il s’agit ici d’apprécier positivement – sans flatter – cette disposition sera examinée dans le prochain article. (Outil 6 d’ ER).

En synthèse, la structure écrite est : 1 : Vous (tu), 2 : Moi, 3 : Nous.

Et ce qui suit s’adresse à vous, personnellement :

Dans l’instant, vous lisez. C’est donc que vous avez poursuivi votre consultation. Cependant cela ne préjuge pas d’une conviction acquise ou d’une compréhension précise de la méthode proposée. D’ailleurs ce genre de « technique » », prête à suspicion. Vous avez peut-être entendu parler de sectes ou autres structures qui viseraient à utiliser ce type de moyens pour manipuler à leur profit. Par conséquent vous êtes prudent et vigilant, tout en espérant, parce que vous désirez progresser, et que vous en êtes capable.

Pour moi, plus que convaincre, j’ai le souhait de donner espérance et de travailler honnêtement à développer la fraternité. Je choisis de : « servir, sans me servir, ni asservir, ni m’asservir. » Et je sais qu’on ne peut convaincre personne. Chacun ne peut être véritablement convaincu que par lui-même. Et s’il m’est donné de savoir que ma modeste contribution a apporté un peu plus de compréhension, de bonheur, de compassion, et de rapprochement entre les êtres, alors j’en serai heureux.

J’ai aussi la conviction que cette quête de sens et d’identité est commune, et donc qu’elle nous unit en humanité.

Et fraternité.

 

Bonne journée à vous,

main tendue

Prochain article, 6/6 de l’Excellence Relationnelle : « APPRÉCIER SANS FLATTER »

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6 réflexions au sujet de « 5/6 : écrire pour être lu, compris et retenu »

  1. BONSOIR CHRISTIAN; je te lis avec plaisir comme toujours et je découvre Céline avec joie.Ecrire pour se dévoiler aussi,faire un exercice de style;ne serait-ce que pour soi-même et ses proches; Ce qui importe c’est d’essayer,se lancer;tant mieux si on retient au moins une phrase ou idée de l’ écrivain.Pour mieux apprécier,chaque lecteur devrait aussi savoir écrire avant de critiquer;il faut savoir rester humble. J’ai dit et écrit.PHILIPPE

    • Cher Philippe,
      Merci de ta consultation. Tu suggères à juste titre que l’écrit est un acte de don et de partage. Là ou existe une interrogation, c’est dans la mutation en cours qui implique la perte de l’écrit manuel pour être remplacé par ???
      Bonne journée…

      • bonsoir Christian; je rebondis sur ta réponse que je complète: « la perte de l’écrit manuel pour être remplacé par des media audio visuels et impersonnels ne créant plus de lien entre les individus Il faut au contraire rassembler ce qui est épars!que ce soit par l’ écrit ou la parole car rien ne vaut les échanges qui servent à nous enrichir et nous rapprocher.Philippe

        • Je le crois, mon cher Philippe
          Selon moi il s’agit d’Êtres en co- évolution.
          Je pense aborder ceci dan l’article de décembre. Il sera le 1er Anniversaire de « corpus-humanitatis »,
          qui a débuté le jour de la supposée fin du monde.
          Il sera titré : « la fonction d’Être ».
          3 fois bonne route…

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